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Lorsque je me balade l’hiver, la nature endormie offre peu de choses, aussi ai-je souvent les yeux en l’air à l’affût d’un oiseau posé sur une branche dénudée. Mon regard est alors attiré par des boules de feuillage dont le diamètre peut atteindre une cinquantaine de centimètres. C’est comme si l’arbre pudique voulait encore se protéger de la morsure de l’hiver.
Il faut une paire de jumelles pour distinguer un feuillage vert et vigoureux au milieu duquel on peut apercevoir des baies d’un blanc laiteux.
Cette plante aux mœurs bizarres porte le nom populaire de Gui, mais aussi «Glu », « Bois de Ste Croix » ou « Herbe des Druides », son nom scientifique est Viscum album.
Le gui du chêne est très rare, aussi les druides l’ont sacralisé. Symbole d’éternité, au solstice d’hiver, la plante vénérée était récoltée grâce à une serpette d’or.
Ils soupçonnent que chaque espèce d’arbre possède son gui particulier ! Le gui est rangé dans la catégorie des plantes parasites prélevant la sève brute aux arbres et quarante espèces d’arbres connaissent ce parasitisme.
Pies, grives, fauvettes à tête noire raffolent de la pulpe sucrée et gluante des baies de gui. La graine absorbée et non digérée par les sucs gastriques, sera rejetée dans les fientes de l’oiseau. L’oiseau a aussi la particularité de nettoyer méticuleusement son bec. Ainsi, lorsqu’il frotte ce dernier pour y détacher des particules de nourriture, les graines se fixent à la branche. La magie de la nature accomplit alors la germination dès le mois de mars. Suite..