Naturellement, les arbres à feuilles caduques se dépouillent entièrement chaque automne. Plus d’organes pour respirer Plus rien pour capter l’énergie Plus de nourriture Et pourtant, les arbres ne sont pas morts pour autant. Leur milieu, la logique impeccable de l’évolution les contraignent à s’adapter pour survivre.
L’arbre doit faire face aux intempéries. S’il conservait ses feuilles, le poids de la neige les mutilerait, le gel solidifierait l’eau contenue dans les cellules qui éclateraient.
Non, il vit de ses réserves faites d’un concentré de sucres nutritifs, la circulation de sève ralentit et les protéines se raréfient. Lorsque les jours se font plus courts et que la température baisse, le signal de la défoliation est lancé. La chlorophylle privée d’eau ne fonctionne plus dans les feuilles, le vert s’estompe, les pigments jaunes de la xanthophylle et oranges de la carotène naturellement présents dans les feuilles apparaissent et la magie des couleurs transforme les forêts.
Le processus est enclenché, les feuilles vont tour à tour brunir puis certains pigments vont se modifier pour donner naissance à une substance qui déclenche la chute des feuilles. Au point d’insertion entre la feuille et le rameau, se forme une zone d’épaississement, les canaux véhiculant la sève se bouchent et la feuille tombe.
Tout est prévu, rien n’est laissé au hasard, faire face à tous les dangers de l’hiver, voilà le secret des arbres. De la même manière, on peut comprendre l’attitude des arbres de la forêt méditerranéenne. Pour ces arbres, la croissance ne peut se faire que lorsqu’il y a de l’eau c'est-à-dire au printemps mais aussi à l’automne, donc pas de chute de feuilles à ce moment là la photosynthèse passe avant tout. L’automne est vert dans les régions méditerranéennes.