Le sud de la France est en grande partie constitué de roches calcaires qui donnent aux paysages des touches de clarté à l'image de la célèbre falaise de Sainte Victoire. Cependant, les terrains non calcaires sont loin d'être négligeables, car peuvent former des massifs entiers offrant des paysages originaux.
De l'ouest à l'est de la zone continentale méditerranée on trouve les grands massifs siliceux en Albères puis du Cap Sicié à l'ouest de Toulon à l'Estérel, en passant par le massif des Maures et celui du Tanneron.
Les roches qui les composent, beaucoup plus anciennes que les calcaires, sont les restes d'une terre disparue, le continent pyrénéo-corso-sarde qui, bien avant le temps des dinosaures, constituait l'essentiel du paysage "méditerranéen" à l'emplacement actuel de la mer avec un océan au nord. Dans ces massifs les roches sont des schistes, micaschistes, quartzites, gneiss et porphyres pour l'essentiel, ces roches sont riches en silice d'où le terme terrains siliceux.
La principale différence entre une roche calcaire et siliceuse pour une plante est que le calcaire libère beaucoup de calcium contrairement à la roche siliceuse. La teneur en silice ne joue aucun rôle. Par conséquent, nous aurons schématiquement deux catégories de plantes : celles qui ne supportent pas du tout le calcaire et celles qui s'en accommodent. Les premières sont dites calcifuges (qui fuient le calcaire) et vont rester sur les terrains non calcaires. Les secondes pourront se trouver à la fois sur les terrains calcaires ou siliceux.
Les autres différences seront au niveau de l'acidité du sol (un sol siliceux est plus acide qu'un sol calcaire) et au niveau de la température (les terrains calcaires sont plus chauds)
En résumé une plante a le choix entre un terrain siliceux pauvre en calcium, plus acide et plus frais ou un terrain calcaire très riche en calcium, moins acide et plus chaud. C'est en fonction de tout ces critères qu'elle pourra ou non coloniser un des deux milieux.... suite