Les coléoptères de la famille des Ptinidae (Ptinidés)
La famille des Ptinidés (Ptinidae) regroupe des insectes mesurant quelques millimètres (9mm maxi) aux formes variables en fonction de leur sous-famille. Leur point commun est d'avoir la tête située sous le thorax, donc non ou peu visible vu de dessus. De plus, le corps est souvent couvert d'écailles associées à des poils denses (visibles sous une loupe binoculaire).
Dans la grande sous-famille des Ptininae, les antennes sont très allongées, filiformes et sont la seule partie visible de la tête vus du dessus. Les espèces aux élytres bombés auront souvent l'allure de petites araignées alors que celles possédant des élytres allongés ressembleront davantage à de minuscules longicornes.
Dans la sous-famille des Anobiinae, les antennes ont les trois derniers segments plus épais et plus ou moins fortement dentés et les élytres allongés ou nettement bombés façon coccinelle suivant les espèces. Les autres sous-familles présentent des caractères proches de l'un ou de l'autre des groupes précédents.
Cycle de vie : De l'oeuf à l'adulte dans la pénombre
Le cycle de développement des Ptinidae suit une métamorphose complète. La femelle pond des œufs blanchâtres dans des anfractuosités sombres et riches en nourriture. De ces œufs émergent des petites larves charnues blanches courbées en forme de "C" avec de fortes mandibules. Celles-ci grandissent discrètement à l'abri de la lumière, tissant parfois un cocon soyeux incrusté de débris pour se nymphoser en toute sécurité.
Dans la nature, le développement prend généralement une année entière, avec une diapause hivernale, mais dans les environnements chauffés par l'homme, certaines espèces accélèrent leur métabolisme. Ainsi, elles peuvent enchaîner deux à trois générations par an, profitant de la chaleur constante et de l'abondance de ressources pour proliférer rapidement.
Menus variés et niches écologiques
Les larves, tout comme les adultes, adoptent un régime xylophage, détritivore ou polyphage.
Dans les écosystèmes naturels, on les trouve souvent dans les souches, les arbres morts, sous les écorces, mais aussi, pour d'autres espèces, dans les nids d'oiseaux et les terriers de mammifères où ils recyclent la matière organique. Certains Ptinidés s'installent dans nos greniers, nos garde-manger et même dans les musées d'histoire naturelle, où ils menacent parfois les collections entomologiques ou les herbiers s'ils ne sont pas contrôlés. Les xylophages, dont les plus connues sont les vrillettes, creusent des galeries dans les charpentes, les meubles et le bois d'œuvre. Les Ptines (sous-famille Ptininae) consomment des matières organiques sèches d'origine végétale ou animale et des denrées alimentaires.
Cette capacité à digérer des substances pauvres en eau et parfois très coriaces fait d'eux d'excellents nettoyeurs de la nature.
Quelques espèces communes
Une cinquantaine d'espèces appartiennent à la famille des Ptinidés en France métropolitaine. Leur détermination, rendue difficile en raison de leur petite taille, est compliquée par un dimorphisme sexuel fréquent. Les plus connues le sont en raison des dégâts qu'elles peuvent causer. Le Ptine voleur (Ptinus fur) se distingue par son dimorphisme sexuel marqué : le mâle est allongé et ailé, tandis que la femelle est ovale et aptère. Cet insecte se retrouve dans les collections d'insectes, les épices, les céréales et les textiles. La Petite vrillette (Anobium punctatum) une espèce xylophage qui creusent des galeries dans les meubles en bois de résineux et de feuillus travaillés par l'homme.
Biblio et liens
- Aramel, A. (n.d.). Le monde des insectes : Les Coléoptères Ptinidae.
- Calmont, Benjamin. (2016). Coléoptères Gibbinae et Ptininae de France.