Les coléoptères de la famille des Scarabaeidae (Scarabaeidés)
La famille des Scarabéidés, dont les insectes sont communément appelés Scarabées, représente un groupe de plusieurs centaines d'espèces de coléoptères en France métropolitaine dans lequel on retrouve aussi bien les bousiers de couleur noire, les cétoines vivement colorées ou des espèces de grandes tailles comme le Scarabée rhinocéros. Ils exercent une influence considérable sur les écosystèmes terrestres à la fois pendant leur vie larvaire durant laquelle de nombreuses espèces participent à la décomposition de la matière organique que lorsqu'ils sont adultes pour leur rôle de pollinisateurs ou d'enfouisseurs de crottes (bousiers). À côté de ces rôles "bienfaiteurs", certaines espèces possèdent des larves mangeuses de racines alors que les adultes se nourrissent de feuilles, pouvant ainsi faire des dégâts sur la végétation.
Caractères généraux
Antennes lamellées et pattes fouisseuses.
Les Scarabéidés se reconnaissent à leur corps robuste, adapté à des modes de vie variés. Le premier caractère typique se situe au niveau des antennes qui se terminent par des lamelles s'ouvrant en éventail. Leur rôle est de détecter les odeurs avec une précision exceptionnelle. Le dos du thorax est souvent en forme de demi-cercle, suivi par l'abdomen couvert par deux élytres. Second caractère typique de la famille, les pattes antérieures (à l'avant) possèdent des tarses modifiés en structures fouisseuses. Chez les Scarabéidés, les mandibules ne sont pas visibles en vue de dessus contrairement à la proche famille des Géotrupidés.
Sous-familles et reconnaissance des espèces.
Les Scarabéidés se subdivisent en une dizaine de sous-familles selon des critères faisant appel à l'observation du nombre d'articles aux antennes, à la taille du clypéus qui peut recouvrir ou non le labre et les mandibules, la présence d'éperons sur les tibias postérieurs ou la taille des yeux et du scutellum. La distinction des espèces reposera donc sur l'observation de ces caractères ainsi que des reliefs (points, stries) ornant le dessus du corps, la forme des pattes et même sur la forme de certains éléments présents sous le corps. L'identification sur photo nécessitera de ce fait des vues de dos, de face, de profil et du dessous du corps.
Cycles de vie : œuf, ver blanc, nymphe et adulte
Le développement des Scarabéidés suit un processus métamorphique complet, passant par quatre stades distincts. D'abord, la femelle pond ses œufs dans des substrats appropriés, souvent dans le sol enrichi en matière organique. Ensuite, les larves, appelées vers blancs, demeurent souterraines pendant une période pouvant s'étendre de plusieurs mois à plusieurs années. Comme celles des Lucanidés, à ce stade, elles sont courbées en C avec une tête pourvue de fortes mandibules et 6 pattes développées.
Progressivement, après plusieurs mues, la larve se transforme en nymphe, puis en adulte. Finalement, l'insecte ailé émerge du sol pour se reproduire et continuer le cycle.La durée totale du développement varie considérablement selon les espèces et les conditions environnementales. Certaines espèces complètent leur cycle en une saison, tandis que d'autres exigent deux ou trois années.
Biologie et écologie : deux vies, deux rôles.
L'essentiel de la vie des scarabéidés se déroule pendant leur stade larvaire. Tandis que certaines larves se nourrissent de matière organique en décomposition, d'autres consomment les racines des plantes. Pendant leur courte vie d'adulte, les scarabéidés vont eux aussi se nourrir de ressources variées : certains se régalent de nectar et de pollen, quand d'autres dégustent des feuilles ou des fruits.
Présents dans des milieux variés, les représentants de cette famille vont, dans les prairies, jouer un rôle fondamental dans la minéralisation des nutriments, tandis que dans les forêts, ils participent activement à la décomposition du bois mort. Ainsi, les scarabéidés jouent un rôle crucial pour le maintien de l'équilibre biologique global.
Quelques espèces remarquables.
Parmi les Scarabéidés de France métropolitaine les plus connus, le Scarabée rhinocéros (Oryctes nasicornis) au vol lourd et maladroit, est le plus gros. Le Hanneton commun (Melolontha melolontha) représente une espèce de grande importance agronomique avec ses grosses larves mangeuses de racines. La Cétoine dorée (Cetonia aurata) fait partie des espèces vivement colorées.
Selon l'UICN, plusieurs espèces connaissent un déclin préoccupant en raison de la destruction des habitats forestiers. Par conséquent, la préservation de ces populations devient une priorité scientifique et écologique majeure.
Biblio sommaire
- Paulian, R. (1941). Faune de France 38 — Coléoptères Scarabéides (Fédération Française des Sociétés de Sciences naturelles, Vol. 38). Paul Lechevalier.
- Paulian, R. (1959). Faune de France 63 — Coléoptères Scarabéides. 2ème édition. (Fédération Française des Sociétés de Sciences naturelles, Vol. 63). Paul Lechevalier.
- Du Chatenet, Gaêtan. 2003. Guide des coléoptères d’Europe. Lausanne: Delachaux et Niestlé.